6 rue de Belgique (Tours, Indre-et-Loire)

 

La fouille préventive située 6 rue de Belgique à Tours (37), menée dans le cadre de l’aménagement de logements collectifs et d’une durée de 8 semaines, apporte de nouvelles données quant l’occupation du plateau nord de Tours au Paléolithique moyen.

Sur une surface de 3344 m², la fouille du 6 rue de Belgique révèle une séquence sédimentaire classique de Limons des plateaux, reposant sur des formations tertiaires. Elle se compose de deux principaux ensembles, séparés par un horizon riche en nodules ferro-manganiques (Fe-Mn), et conserve un site archéologique comprenant au moins deux principales phases d’occupation(s), matérialisées par des silex taillés (n = 467) et trois percuteurs.

La phase la plus récente, rapportée au SIM 5a-c, est insérée dans l’horizon à nodules Fe-Mn. Elle s’organise sous la forme d’une nappe de vestiges diffuse ponctuée d’une concentration de vestiges relativement bien conservée, tant sur les plans culturel, spatial que matériel, malgré l’éventuelle remobilisation de certains objets liée à des ruissellements de faible compétence. L’assemblage archéologique se caractérise par l’association d’un débitage Levallois et volumétrique laminaire dans l’objectif de produire des supports bruts allongés, légèrement asymétriques et certainement utilisés sans retouche complémentaire. La présence de nombreux remontages permet d’identifier clairement une zone dévolue à la production des supports (correspondant à la concentration préservée) et une zone attenante destinée à l’exploitation de ces supports (couvrant environ 200 m² pour ces deux zones). Peu d’outils retouchés sont inventoriés et l’analyse tracéologique ne révèle des stigmates fonctionnels que sur deux objets, utilisés sur un matériau semi-dur à tendre. Elle n’exclut pas la possibilité d’autres usages peu impactant ou dont les traces ont pu être altérées ou masquées par des processus taphonomiques. En outre, l’analyse altérologique met en évidence des altérations différentielles qui ne peuvent être, pour l’heure, expliquer uniquement par des processus taphonomiques. Il pourrait s’agir d’objets dont l’utilisation aurait fragilisé certains bords empêchant la lecture des stigmates tracéologiques et favorisant le développement d’altérations post-dépositionnelles. Cette hypothèse ne peut cependant pas être confirmée à ce stade. Si la nappe de vestiges identifiée sur le reste de l’emprise ne peut être clairement rattachée à ces deux zones (débitage et exploitation) suggérant un phénomène relativement synchrone, l’appartenance des silex taillés à une même UPS et leurs similitudes au niveau pétro-techno-économique plaident en faveur de leur association. Cette nappe de vestige comprend des éléments isolés, majoritairement de première intention qui pourraient également correspondre à l’export et l’exploitation de supports produits dans un environnement proche. Elle correspondrait à des occupation(s) courtes et répétées, attribuables à des groupes partageant des traditions techniques similaires.

La phase la plus ancienne, et non attendue, s’ancre au début du SIM 5, voire au SIM 6, jusqu’à présent relativement peu représenté dans la région. Les vestiges archéologiques, probablement restés longtemps en sub-surface, s’insèrent dans l’UPS 5, localement préservée. Ils sont retrouvés sous la forme d’une concentration affectée par un pavage limitant fortement son intégrité matérielle et spatiale. En revanche, sur le plan pétro-techno-économique, l’assemblage est cohérent et homogène. Il se caractérise par une production volumétrique laminaire, réalisée in situ, à partir de blocs arrivés en partie préformés et collectés préférentiellement au sud du site, dans les alluvions de la Loire et la vallée du Cher. La production vise à l’obtention de supports allongés, ensuite retrouvés de manière isolée sur le reste de l’emprise, souvent remobilisés dans des UPS sus-jacentes (colluvions et bioturbation).

INTERVENANTS :

Aménageur : Groupe Edouard Denis
Prescripteur : DRAC – SRA Centre-Val de Loire
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Logements collectifs



LOCALISATION :

 



RAPPORT FINAL D’OPÉRATION :

Référence bibliographique :
CORMARÈCHE É. (dir.), AUDIARD B., BOSQ M., GUÉRIN G., GUIBERT-CARDIN J., VAISSIÉ E., Les limons des plateaux à Tours comme contexte de conservation d’haltes moustériennes : l’exemple de la fouille du « 6 rue de Belgique » (Tours, Indre-et-Loire), Rapport Final d’Opération, Fouille archéologique, Villard-de-Lans : Paléotime. 2026. 458 p.

 
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