Les Hauts de Gadie (Simiane-Collongue, Bouches-du-Rhône)

 

Entre Aix-en-Provence et Marseille, sur la commune de Simiane-Collongue (Bouches-du-Rhône), la fouille préventive menée au lieu-dit « Les Hauts de Gadie » a révélé une occupation particulièrement dense et stratifiée, implantée sur le flanc nord du massif de l’Étoile. Situé en bas de pente, le site bénéficie de la présence d’une paléodépression ayant favorisé la conservation exceptionnelle des niveaux sédimentaires et des vestiges archéologiques.

Les investigations ont permis la mise au jour de près de 1200 structures couvrant une large séquence chronologique, du Néolithique moyen jusqu’à l’Antiquité.

Les occupations néolithiques se traduisent principalement par la présence de fosses-silos et de bâtiments sur poteaux. Certaines structures ont livré un mobilier particulièrement riche, comprenant des récipients en céramique mais aussi en terre crue, des graines carbonisées ainsi qu’un important corpus de macro-outillage lié aux activités domestiques et artisanales : mouture, traitement des peaux, etc. Une fosse-silo a également livré de nombreux pesons, parmi lesquels un important corpus de pesons arciformes attestant d’activités liées au tissage.

Les occupations de l’âge du Bronze sont matérialisées par plusieurs bâtiments sur poteaux, des fosses ainsi qu’un puits. Pour la période antique, les vestiges correspondent principalement à un réseau de traces agraires orientées est-ouest, probablement liées à l’implantation d’un vignoble.

L’originalité majeure du site réside dans l’abondance exceptionnelle des structures de combustion mises au jour. Près d’une cinquantaine de fours et foyers ont été identifiés, parmi lesquels des fours en dôme fermé, des foyers circulaires de petite taille, de grande taille, des foyers rectangulaires ainsi que de vastes foyers quadrangulaires aménagés en aire ouverte.
La grande diversité morphologique de ces installations témoigne vraisemblablement d’usages variés, domestiques comme artisanaux. Leur étude, associée aux analyses spécialisées actuellement en cours, permettra de mieux comprendre leur fonctionnement et leur place au sein des occupations protohistoriques. Leur attribution chronologique demeure pour l’heure encore partiellement incertaine ; l’étude du mobilier associé ainsi que les datations radiocarbone permettront d’affiner leur insertion dans la dynamique d’occupation du site.

Deux sépultures ont également été découvertes : une inhumation et une crémation. Leur attribution chronologique reste également incertaine. La crémation pourrait appartenir à une phase récente comprise entre l’âge du Fer et l’Antiquité, tandis que l’inhumation semble davantage se rattacher aux occupations néolithiques ou protohistoriques.

Enfin, l’ensemble du site a livré plusieurs indices témoignant d’activités paléométallurgiques. De nombreuses billes de cuivre, des conglomérats métalliques, des battitures ainsi qu’un fragment de tuyère ont été mis au jour dans différents secteurs de la fouille. Cet ensemble suggère l’existence d’activités métallurgiques, probablement liées au travail ou à la transformation du métal, dont l’ampleur et la nature restent encore à préciser. La dispersion de ces vestiges au sein de l’occupation pourrait traduire des pratiques ponctuelles ou des activités artisanales diffuses intégrées aux espaces domestiques.

L’étude en cours vise désormais à restituer l’organisation spatiale du site et à préciser, pour chaque phase chronologique, la répartition des espaces bâtis, des zones de stockage, des aires de combustion et des activités artisanales.

INTERVENANTS :

Aménageur : Provence Habitat
Prescripteur : DRAC – SRA Provence-Alpes-Côte-d’Azur
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

130 logements (bâtiments collectifs et maisons individuelles)



LOCALISATION :

 


 
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