Les Courroies / Revitalisation du Vistre (Nîmes, Gard)

 

Le site des Courroies se situe au sud de la ville de Nîmes, à la frontière avec la commune de Caissargues. L’opération s’est déroulée d’octobre 2020 à janvier 2021. La prescription d’une fouille dans ce secteur devait confirmer ou pas l’existence d’une occupation du Bronze ancien, du Néolithique moyen ancien et d’un possible Paléolithique supérieur, supposés durant le diagnostic archéologique. Elle devait également identifier l’ancien lit du Vistre et faire la relation entre ce cours d’eau et l’implantation humaine.

La découverte majeure de cette opération correspond à un imposant niveau détritique de près de 50 m² de superficie appartenant au début du Bronze ancien. Par endroit le mobilier s’accumule sur près de 30 cm d’épaisseur. Le mobilier archéologique est très abondant avec plus de 2000 tessons de céramique de cette période, près d’un millier de silex, de la faune, des percuteurs, des galets chauffés et quelques plus rares éléments de parure. Certains artefacts en céramique et silex présentent des caractéristiques campaniformes à influence rhodano-provençale (à confirmer durant la post-fouille).

Parallèlement à cette zone détritique du Bronze ancien, plusieurs amas de galets chauffés ont été découverts. Ces structures sont très arasées en raison des multiples crues et remontées de la nappe phréatique qui ont eu pour conséquence d’effacer toutes traces de creusement ou autres limites de structures et de « dilater » certains amas. Aucune trace de chauffe, ni d’accumulations charbonneuses n’ont été identifiées au sein de ces structures. On suppose que les galets ont été chauffés dans des foyers puis déplacés selon les besoins en divers endroits de l’emprise. Cette interprétation est appuyée par la présence de deux foyers, dont un relativement bien conservé où des galets sont encore présents à l’intérieur. Le mobilier est totalement absent dans ces structures et l’attribution au Bronze ancien reste, à ce stade de l’étude, hypothétique même si la présence d’un amas de galets dans le niveau détritique plaide en faveur de cette attribution chronologique.

A l’issue de la fouille, le Néolithique moyen ancien proposé durant le diagnostic n’apparaît qu’en bruit de fond avec la découverte de quelques artefacts en silex renvoyant à cette époque. Toutefois le remploi de certains éléments au Bronze ancien ne peut pas être totalement exclue.
Enfin, sous les niveaux holocènes, dans une argile jaune déjà identifiée sur d’autres sites du secteur nîmois, de rares indices très épars appartiennent au Paléolithique supérieur. Pour autant, ils ne sont qu’anecdotiques et ne matérialisent pas une réelle occupation du site à cette époque.

Du point de vue géoarchéologique, les travaux ont mis en évidence l’existence d’un ancien lit du Vistre en méandre qui passait au sein de l’emprise. Il tronque l’argile jaune renfermant les indices du Paléolithique supérieur sur quasiment toute la moitié sud de l’emprise. Plusieurs sondages mécaniques et à la tarière ont permis de suivre son tracé et d’identifier son comblement. Lors de l’occupation au Bronze ancien, le Vistre s’était déplacé hors de l’emprise et cet ancien lit était totalement comblé mais très certainement visible dans le paysage par un creux formant un paléo-vallon. La zone détritique du Bronze ancien forme un dôme qui se situe en bordure de ce paléo-vallon (partie sommitale) dont le pendage est plus significatif en direction du creux.

La présence de matière organique dans le comblement inférieur de l’ancien lit du Vistre permettra de réaliser des datations. De multiples prélèvements paléoenvironnementaux nous renseigneront sur l’évolution du paysage autour de ce cours d’eau.

Pour finir, à l’est de l’emprise nous avons observé une dynamique sédimentaire marquant une réactivation de cet ancien Vistre à une époque relativement récente qui reste à confirmer en post-fouille (Époque Moderne ?). Cette partie de la rivière a servi à alimenter un fossé traversant toute l’emprise d’est en ouest et dont la terminaison occidentale est constituée d’un imposant aménagement de blocs de calcaire servant à canaliser l’eau. Nous émettons l’hypothèse que cette canalisation desservait un ancien moulin qui devait se développer plus à l’ouest de l’emprise.

INTERVENANTS :

Aménageur : SM EPTB Vistre Vistrenque
Prescripteur : DRAC – SRA Occitanie
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Déplacement et réaménagement du cours du Vistre



LOCALISATION :

 

 
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