Loustalet et Lastaillades ouest (Arancou, Pyrénées-Atlantiques)

 

Dans le cadre de l’extension de la carrière d’Arancou, un diagnostic (Inrap, Poirier 2024) de 45 000 m² révélant la présence de vestiges rapportés au Paléolithique supérieur (possiblement châtelperronien) a motivé la prescription d’une fouille sur une surface de 4800 m², qui s’est déroulée du 15 septembre au 28 novembre 2025.

La fouille archéologique révèle une séquence sédimentaire limono-argileuse composée de cinq principales Unités Pédo-sédimentaires (UPS), reposant sur un substrat calcaire (UPS 5) présentant une surface très irrégulière, dont le sommet apparait entre 0,5 et 2,5 mètres (en moyenne, parfois jusqu’à 4m, selon un sondage profond) sous la surface du sol actuel (UPS 1). Ce substrat est surmonté d’une couche sédimentaire correspondant à l’altération du calcaire (UPS 4). Le reste des dépôts est interprété comme différents épisodes de colluvions (UPS 2 et 3), dont la chronologie et l’impact sur les vestiges archéologiques restent à préciser.

En effet, ce sont dans ces UPS 2 et 3 (interprétées comme des colluvions) que s’insère le mobilier archéologique. Il se distribue depuis le sommet de l’UPS 2 jusqu’à la base de l’UPS 3, soit sur 1,5 m d’épaisseur en moyenne, de façon continue. En dehors de la présence d’éléments rapportés à l’Holocène (entre autres : fragment de hache polie, céramique, scorie) et principalement découverts dans le sommet de l’UPS 2, l’assemblage archéologique issu des UPS 2 et 3 comprend près de 2600 silex taillés. En planimétrie, ils se distribuent de façon ovalaire, selon un axe nord-est/sud-ouest, correspondant au sens de la pente, dans la partie centre/sud-ouest de l’emprise, au sud de hauts pointements du substrat calcaire. Les analyses menées en post-fouille permettront de préciser l’impact de la topographie du substrat dans la distribution de la nappe de vestiges.

L’assemblage archéologique comprend de nombreux produits lamino-lamellaires et nucléus qui permettent de le rattacher au Paléolithique supérieur. Quelques outils sont présents, comme des burins, des grattoirs, des supports retouchés et des pièces à dos. Parmi ces dernières, certaines sont identifiées comme des pointes de Châtelperron, tandis que d’autres sont plus ubiquistes pouvant être rapportées au Gravettien, Magdalénien, voire Azilien.

En vue d’analyses OSL, six prélèvements ont été effectués, par l’entreprise Re.S.Artes, dans les deux coupes de références, dans leurs sommets, centres et bases. Les âges obtenus couvrent tout le Paléolithique supérieur.

Les études post-fouille s’attacheront principalement à préciser la formation du site, à caractériser et dater les vestiges archéologiques découverts, à discuter la présence d’une ou plusieurs occupation(s) et de l’intégrité des assemblages correspondants, puis de replacer ces assemblages dans leur contexte régional, où le Paléolithique supérieur reste mal documenté.

INTERVENANTS :

Aménageur : Heidelberg Materials
Prescripteur : DRAC – SRA Nouvelle Aquitaine
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Agrandissement de carrière



LOCALISATION :

 


 
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