Au Cerisier (Saint-Aubin-de-Médoc, Gironde)

 

Les fouilles archéologiques réalisées sur la commune de Saint-Aubin-de-Médoc en Gironde sont localisées au lieu-dit « Au Cerisier ». L’opération a été réalisée préalablement à l’aménagement d’une déviation des communes du Taillan-Médoc et de Saint-Aubin-de-Médoc.

Le diagnostic réalisé par l’Inrap en mai 2015 a signalé la présence de vestiges archéologiques appartenant au Néolithique récent (culture Matignons) et au Bronze moyen dans deux zones distinctes du tracé de la déviation. Ces découvertes en contexte sableux et forestier sont rares et les époques identifiées restent peu connues dans la région. Ces éléments ont entrainé une prescription de fouille archéologique préventive émise par le Service Régional de l’Archéologie de la région Nouvelle Aquitaine. Elle concerne deux secteurs distants de plus de 500 m l’un de l’autre : le secteur nord d’une superficie de 7 000 m² et le secteur sud de 12 500 m², soit une superficie globale de près de 2 ha.

Les vestiges sont localisés généralement dans la moitié inférieure d’un niveau de sable légèrement compact de teinte brune à brun-jaune, perturbé par un réseau racinaire très important, appelé UPS3. Ce niveau est surmonté par un sable riche en matière organique de couleur brune à grise (UPS2) et un sable brun très foncé à noir, fortement chargé en débris de végétaux et matière organique (UPS1).

Au total, le site a livré 143 structures en creux : 39 en zone sud et 104 en zone nord.

La zone sud est la plus arasée. Seul le fond des fosses est conservé sur une moyenne d’environ 30 cm de profondeur. Au sein du niveau de colluvion (UPS3) le mobilier est présent de façon très éparse et fragmentaire. Il concerne à la fois le Néolithique récent/final, sans possibilité de distinction parfois, le Bronze ancien et moyen, La Tène ancienne et l’Antiquité. Seule une concentration remaniée de tessons de céramique et lithique a été découverte à l’ouest de l’emprise appartenant au Bronze ancien. Enfin, signalons la présence d’un puits au sud de l’emprise traversant un niveau d’argile gris moyen présent très ponctuellement sur le site. La structure a été traitée mécaniquement sur 4,50 m de profondeur puis, pour des raisons de sécurité, à la tarière jusqu’au fond du creusement. Elle a livré peu de mobilier et non datant. Une datation sur charbon situe le comblement de ce puits à La Tène ancienne. Les études sédimentaires montrent que la nappe phréatique n’a pas été atteinte lors du creusement de ce puits. Il peut s’agir soit d’une tentative de puits avortée, soit d’un puits d’extraction de cette argile sableuse grise.

Dans la zone nord la densité de mobilier est plus significative. Les structures en creux peuvent atteindre jusqu’à 60 cm de profondeur. Au nord de la zone, plus d’une cinquantaine de structures antiques ont été découvertes dont certaines avec des calages verticaux de TCA. Elles sont attribuées au Haut-Empire. La faible différence entre encaissant et comblement a rendu particulièrement difficile la lecture des limites de creusement. Quelques alignements ont été identifiés sans pour autant comprendre la fonction de tels aménagements. Des fosses et des concentrations de mobilier de cette même époque ont aussi été découverts. Ces vestiges ont été étudiés par l’entreprise Hadès, opérateur agréé pour la période Antique. Des structures en creux du Bronze moyen ont été identifiées et deux d’entre elles ont livré des amas de restes carpologiques carbonisés. Enfin, le début du Néolithique final est présent essentiellement au sud de la zone. Il se compose d’épandages de mobilier avec de la céramique et du silex taillé. A proximité de ces fortes densités un vase de stockage encore en place dans le sable a été découvert, ainsi qu’un vase écrasé dans une fosse. De façon plus générale, la zone nord contient les vestiges de différentes périodes, allant du Néolithique jusqu’à l’Antiquité, comme pour la zone sud.

Ces résultats sont exceptionnels au vu du contexte taphonomique et environnemental. Le secteur du sud du Médoc étant peu connu aux différentes époques représentées sur le site, marqué essentiellement par des découvertes isolées, les résultats de ces travaux ont par conséquent un apport majeur sur notre connaissance de l’implantation humaine durant le Néolithique, la Protohistoire et l’Antiquité.

INTERVENANTS :

Aménageur : Département de la Gironde
Prescripteur : DRAC – SRA Nouvelle-Aquitaine
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Déviation RD1215



LOCALISATION :

 

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