Chandillon et Cocause (Die, Drôme)

 

L’opération de fouille préventive du site « Chandillon et Cocause » à Die (Drôme) a été réalisée du 7 octobre au 15 novembre 2013 par Paléotime. Une première tranche d’environ 2010 m² a été traitée sur l’emprise de la future extension d’unité de production de clairette de l’entreprise Jaillance. Lors de la construction du bâtiment précédent, un menhir monumental gravé et quatre stèles avaient été mis au jour, attribués à la fin du Néolithique en l’absence de contexte archéologique plus précis (Beeching, Brochier 1994).

Le décapage mécanique a permis de mettre en évidence la présence d’un milieu géologique complexe, constitué par la terrasse pléniglaciaire de la Drôme qui est incisée par plusieurs paléoreliefs (paléovallon, paléothalweg et ruissellements de moindre ampleur). Les différents recouvrements, associés à des épisodes de troncatures et de pédogénèse, ont entraîné une conservation partielle de niveaux d’occupation (matérialisés par des épandages de mobilier associés à des structures) et d’aménagements en creux.

Au Néolithique moyen 1, les vestiges d’occupations sont localisés dans la moitié nord du terrain et comprennent des aménagements en creux, un alignement de six à huit structures de combustion, ainsi qu’un niveau de mobilier associé à ces dernières. La phase la plus ancienne (alignement et niveau de mobilier) est rattachée à un Néolithique moyen indéterminé, compris entre les 48ème et 45ème siècles avant J.-C. d’après les datations au radiocarbone effectuées sur les restes charbonneux provenant de trois structures et le type de mobilier lithique associé. Quelques éléments anachroniques sont recensés au sein de ce dernier (nucléus de type mésolithique), des éléments intrusifs modernes scellant l’ensemble lors de la dernière phase de colluvionnement. La présence humaine se rattache lors de cette phase à des activités artisanales et/ou sociales en lien avec les dispositifs particuliers que constituent les alignements de structures de combustion.

Une seconde période d’occupation au Néolithique moyen est perceptible à travers la présence de fosses, d’empierrements et de deux structures de combustion isolées. Les rares éléments céramiques déterminables se raccordent à une phase récente du Chasséen (D1-D2), les vestiges lithiques indiquant une chronologie légèrement antérieure (Chasséen ancien à moyen). Les datations au radiocarbone donnent des résultats compris entre le 41ème et le 37ème siècle av. J.-C. L’occupation de l’espace est attestée lors de cette phase d’activités artisanales, ou peut-être domestiques, par des fosses à caractère détritique et des structures de combustion dont l’architecture interne diffère de celles de l’alignement antérieur.

Le Néolithique récent-final est représenté sur le site par le biais de deux structures empierrées et d’un niveau de mobilier conservé au sein du paléovallon. Les datations au radiocarbone et les éléments siliceux permettent de situer cette phase entre le 27ème et le 23ème siècle av. J.-C. Le type des occupations renvoie à des restes d’activités artisanales et/ou domestiques, dont la plus grande densité pourrait être localisée au voisinage de l’emprise fouillée.

Quelques indices dénotent une présence ponctuelle au début de l’Age du Bronze et à la période protohistorique au sens large (céramique principalement), sans que des aménagements y soient clairement rattachables.

Lors de la période antique, les vestiges concernés montrent une structuration de l’espace de grande ampleur, avec la mise en place d’un large paléothalweg d’orientation NE-SO et la présence de structures linéaires moins profondes. Les restes céramiques, métalliques et fauniques recueillis dans le comblement du thalweg sont en majorité attribuables à l’époque gallo-romaine et associés à quelques éléments lithiques plus anciens et céramiques de l’époque contemporaine.

Les établissements relatifs aux différentes périodes sont tous à mettre en lien avec la position particulière du site dans le système hydrographique local : proximité de la Drôme, du Cocause ainsi que du paléochenal. La conservation différentielle qui a oblitéré une partie des aménagements a semblablement affecté le mobilier, dont une proportion importante d’élément est fractionnée, en sus des altérations thermiques liées aux activités anthropiques. La globalité des vestiges reste toutefois importante pour la compréhension de la structuration spatiale régionale aux périodes représentées (Néolithique moyen, final et Antiquité), par leur caractère inédit et atypique.

INTERVENANTS :

Aménageur : Société Coopérative Agricole de Die-Jaillance
Prescripteur : DRAC – SRA Auvergne-Rhône-Alpes
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Extension de l’usine Jaillance



LOCALISATION :

 



 
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