Le Busa (Noyers-sur-Cher, Loir-et-Cher)

 

La fouille préventive du site « le Busa » a été prescrite par le Service Régional de l’Archéologie de la région Centre sur la commune de Noyers-sur-Cher (Loir-et-Cher), sur une emprise de 24 566 m². Elle s’inscrit dans le cadre d’un projet d’extension d’un espace d’extraction de matériaux par le GIE Matériaux du Cher – La Ligérienne-granulats, qui a financé la totalité de l’opération. Une première campagne de fouille s’est déroulée du 3 octobre au 11 novembre 2016 sur une surface de 12 000 m² et une seconde phase s’est déroulée du 4 septembre au 27 octobre 2017 sur une superficie similaire.

Une étude géophysique préalable, programmée et financée par le Service régional de l’Archéologie, a permis de situer en surface la géométrie du sous sol et notamment la position des paléochenaux du Cher.

Les opérations 2016 et 2017 ont débuté par la réalisation d’une longue tranchée axiale sud-nord traversant orthogonalement le paléochenal déjà repéré lors du diagnostic. Ce dernier, d’axe est-ouest, occupe la partie centrale de l’emprise. Les horizons anthropiques se trouvent vers 50/60 cm sous la surface actuelle dans un limon sableux brun-jaune.

Pour confirmer l’érosion des couches archéologiques par le Cher dans la zone est de l’emprise, des tranchées sondages d’axe est-ouest ont été réalisées, démontrant la troncature par la rivière des dépôts archéologiques.

Au total, près de 45 000 objets ont été repérés spatialement, essentiellement représentés par les éléments de silex taillé. Le mobilier est présent en épandage sur la totalité de l’emprise avec une nette raréfaction à la surface du paléochenal. L’essentiel de la série provient des secteurs sud-ouest et nord-ouest, dont certaines zones ont été réservées pour une fouille manuelle. Un horizon, présent au sud et au nord de l’emprise, repose dans un limon sableux brun-jaune et présente, de manière concentrée, une industrie à nette tendance lamino-lamellaire régulière, associée à de la céramique modelée rattachable au Néolithique.

Le débitage laminaire majoritairement à la percussion indirecte, regroupant lames à crêtes antérieures, tablettes et éclats d’entretien, attestent une production in situ. Cette industrie réalisée exclusivement au profit des silex locaux du Turonien inférieur présente toute les caractéristiques d’un atelier spécialisé que l’on pourrait rattacher au Néolithique moyen II sur les bases d’un rapprochement technologique avec les produits du Chasséen d’Auvergne.

De très rares trous de poteaux, fosses de rejet et foyers en cuvette attestent de la présence d’un habitat. Ce dernier pourrait se rapporter au Néolithique moyen I Chambon sur la base des éléments céramiques et sur certaines caractéristiques typo-technologiques d’une petite partie de l’industrie lithique.

Malgré le tamisage à l’eau d’une partie importante du sédiment excavé lors de la fouille manuelle, un seul élément attribuable au Mésolithique a été découvert, il s’agit d’une armature triangulaire.

INTERVENANTS :

Aménageur : GIE Les Matériaux du Cher – La Ligérienne Granulats
Prescripteur : DRAC – SRA Centre-Val de Loire
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Extraction de matériaux



LOCALISATION :

 

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