Les Bries (Appoigny, Yonne), phase 2

 

La fouille d’Appoigny (89) a fait l’objet d’un groupement momentané d’entreprises entre la SARL Paléotime et la SAS Archéodunum (mandataire), les vestiges et structures reconnus lors du diagnostic mené par l’INRAP recouvrant les périodes allant du Paléolithique supérieur jusqu’à l’Antiquité. L’opération archéologique s’inscrit dans le cadre du projet d’aménagement d’un parc d’activité sur la commune d’Appoigny, à l’initiative de la Communauté de l’Auxerrois. Une première phase d’intervention sur le terrain a concerné le décapage mécanique et la fouille des secteurs 1, 2 et 3 (environ 18 ha), les plus au nord du projet d’aménagement. Elle s’est déroulée du 20 avril au 2 octobre 2015. Une seconde phase (sur environ 8 ha) a concerné les secteurs 4,5 et 7, au sud et à l’ouest, dont les décapages et la fouille ont débuté le 9 mai et se poursuivront jusqu’au 14 octobre 2016.

Phase 1 :

Si à l’issue du décapage les premiers résultats ont été très décevants pour les secteurs 2 et 3 au regard des attentes annoncées dans le rapport de diagnostic (riches en anomalies naturelles mais très pauvres en vestiges et structures avérées, notamment néolithiques), le secteur 3 (d’une superficie de 2,15 ha) a livré une surprise d’importance. En effet le décapage mécanique a révélé une nappe de mobilier lithique moustérien, présentant localement des concentrations plus forte d’objets.

Les enjeux stratégiques ont alors été de pouvoir collecter une série lithique suffisamment importante et bien calée en stratigraphie, afin de compléter les connaissances sur l’occupation moustérienne au sud de la vallée de l’Yonne, bien moins documentée que dans sa partie nord. La série lithique d’Appoigny, quoique géographiquement isolée, représente alors un jalon supplémentaire dans la reconnaissance de l’occupation moustérienne régionale.

La série lithique récoltée, un peu plus de 2500 pièces, témoigne principalement d’un débitage Levallois allongé et élégant, ainsi que de schémas laminaires non Levallois plus secondaires (étude en cours). Une forte présence de grands racloirs doubles convergents est à souligner également. Un faciès récent du Moustérien est ainsi à envisager…

Outre ces vestiges moustériens, la fouille du secteur 3 a permis la mise en évidence d’occupations néolithique et protohistorique, attestées par la présence de petits épandages de mobilier lithique et céramique et par un total de 18 structures en creux, de type trou de poteau, fosses et structures de combustion, qui permettent d’envisager l’existence d’un habitat sur ce secteur. Un calage chronologique précis de ces occupations sera réalisé en phase de post-fouille, mais on peut d’ores et déjà noter que parmi les vestiges mobiliers néolithiques, on trouve quelques éléments caractéristiques du Villeneuve-Saint-Germain.

Phase 2 :

L’équipe Paléotime est intervenue plus spécifiquement sur la fouille d’une concentration lithique localisée dans le secteur 5 au lieu-dit « Chaumois ». Repérée et partiellement fouillée et étudiée à l’issue du diagnostic, cette dernière, composée quasi-exclusivement de fragments de lames (201 pièces), a été attribuée au Paléolitique supérieur, voire au Magdalénien au sens large (étude lithique E. Nicoud et P. Bodu). Technologiquement triée, sans déchets de débitage accompagnant d’ordinaire ce type de débitage (éclats, nucléus…), et sans équivalent en Auxerrois, la présence d’une telle concentration de produits laminaires posait la question de son statut technologique et économique (stock de lames ?).

La fouille a donc été menée aux abords immédiats de la fenêtre de test manuel de l’Inrap dans la tranchée de diagnostic TR A295, sur une dizaine de m², le décapage mécanique du reste de l’emprise confirmant le caractère isolé de la concentration lithique. Cinq décapages manuels ont ainsi été menés, révélant un dépôt organisé de produits laminaires, soigneusement disposés en fagots probablement à l’intérieur d’un creusement. Environs 350 fragments de lames, brutes pour l’essentiel, auront au final été découverts sur quelques m², 52 d’entre eux ayant été stockés dans ce dépôt. L’étude à venir devra préciser le statut de ce dépôt et sa relation avec les produits laminaires collectés alentours (technologie lithique, tracéologie, pétroarchéologie, étude spatiale)…

INTERVENANTS :

Aménageur : Communauté de l’Auxerrois
Prescripteur : DRAC – SRA Bourgogne-Franche-Comté
Opérateurs : Archéodunum (mandataire), Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Parc d’activités



LOCALISATION :

 



 
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