Les Genêts (Ablis, Yvelines)

 

À Ablis, dans l’extrémité nord du plateau beauceron, les résultats du diagnostic réalisé par l’Inrap pendant l’été 2015 ont conclu notamment à la présence de restes de bâtiments en terre crue du Néolithique moyen, identifiables par la présence de « pains » façonnés et par celle de murs et de niveaux d’effondrement d’éléments architecturaux. Face à cette découverte jugée exceptionnelle, une fouille-test a été prescrite pour analyser plus précisément le contexte pédosédimentaire et la nature des vestiges. Cette fouille s’inscrivait par ailleurs dans une réflexion plus large sur la reconnaissance et l’identification des restes d’architecture néolithique en terre dans le Bassin parisien.

L’opération a nécessité d’élaborer un protocole spécifique à la reconnaissance des éléments en terre crue. En complément de l’approche stratigraphique classique, les coupes ont par exemple été examinées sur des surfaces rectifiées à la truelle ou détachées naturellement (mise en évidence de la structure du sol), et selon différentes conditions d’humidité et de luminosité. Plusieurs fenêtres d’observation ont également été étudiées, permettant de documenter et d’enregistrer en plan l’ensemble des faciès présents sur l’emprise de fouille, en particulier les « pains » ou « boulettes » de terre reconnus lors du diagnostic. La coupe du diagnostic, sur laquelle les premiers éléments architecturaux avaient été identifiés, a servi de support à des mesures de la susceptibilité magnétique et à différentes analyses (micromorphologie, granulométrie par tamisage et par diffraction laser, dosage des phosphates et de la matière organique, mesure du pH). Une datation par OSL sur des grains de quartz issus d’un aménagement en terre supposé a par ailleurs été réalisée.

Malgré les bonnes conditions édaphiques durant la fouille, proches de celles du diagnostic, nos observations plaident en faveur d’une absence totale de vestiges en terre crue, ce que la plupart des résultats analytiques ont par la suite confirmé. L’étude montre que les organisations architecturales perçues durant l’évaluation ont été confondues avec des traits pédologiques naturels, pourtant bien documentés dans le type de sol concerné (un luvisol typique sur limons lœssiques). Ces organisations sont en réalité provoquées à la fois 1) par l’évolution structurale et géochimique d’un dépôt lœssique mis en place initialement au cours du maximum glaciaire weichsélien, ce que la date OSL a confirmé (autour de 22 ka BP), et 2) par la bioturbation, à l’origine de nombreux microfaciès qui, dans certains cas, miment ceux produits par un travail de la terre. Cette convergence entre faciès naturels ou anthropiques est fréquente dans nos disciplines archéologiques, elle constitue cependant un terrain d’étude encore peu exploré dans la reconnaissance des témoins architecturaux en terre crue.

Concernant la mise en place de la nappe d’objets, à ce stade de l’étude, les résultats montrent que la formation de cette nappe résulte d’une histoire taphonomique complexe faisant intervenir plusieurs processus naturels (colluvionnement, résidualisation, bioturbation), limitant ainsi son exploitation archéologique. Les vestiges archéologiques sont peu abondants et s’étagent du Néolithique moyen aux périodes modernes. De plus leur répartition spatiale est liée au parcellaire ancien. Mis à part de rares structures antiques et quelques tronçons de fossé linéaire, l’absence de structures néolithiques corrobore l’absence d’habitat construit et préservé in situ. Celui-ci devait vraisemblablement se trouver en dehors de la zone prescrite.

INTERVENANTS :

Aménageur : TEPACTER, Rambouillet
Prescripteur : DRAC – SRA Île-de-France
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Lotissement



LOCALISATION :

 



RAPPORT FINAL D’OPÉRATION :


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Consulter le rapport-partie B

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