Les Portes du Tarn (Saint-Sulpice-la-Pointe, Tarn)

 

Le diagnostic archéologique réalisé en 2014 sur l’emprise du futur parc d’activités économiques «Les Portes du Tarn», a permis d’identifier des vestiges préhistoriques datant du Paléolithique moyen.

L’emprise de fouille est localisée au sud de l’A68, sur un replat formé par une basse terrasse du Tarn, au lieu-dit « Le Bois de l’Hôpital », sur la commune de Saint-Sulpice. L’intervention archéologique, réalisée préalablement à l’aménagement de cette zone, s’effectuera sur une superficie globale de 25 000 m², répartie en 12 secteurs. Elle a débuté en novembre 2015 pour une durée prévisionnelle de 20 semaines avec une quinzaine d’archéologues, 6 pelles mécaniques et deux dumpers.

La stratigraphie est composée de limons de couverture qui recouvrent la basse terrasse du Tarn, d’âge rissien supposé, juste en contrebas du talus formant transition avec la haute terrasse. D’après des sondages réalisés à la tarière, la puissance des dépôts oscillerait autour de 4-5 mètres sous la surface actuelle. La séquence pédostratigraphique est formée par la superposition de deux profils de sol lessivé hydromorphe qui se sont développés sur les limons de couverture (d’origine colluviale) : au sommet, ce profil est complet (horizons A/E/BT1=UPS3), en bas il est tronqué (BT2 = UPS4).
La troncature de cet horizon BT2 (=paléosol argilique) est soulignée par une plus forte densité en galets et graviers (UPS4a) en provenance probable de la terrasse précédente. La netteté, le caractère rectiligne et l’étendue de cette troncature évoquent une phase d’érosion généralisée dont l’origine reste à déterminer.

Cette interface est également marquée, au moins dans la partie basse du terrain, par une concentration de nodules noirs centimétriques interprétée pour l’instant comme un ancien horizon d’hydromorphie de nappe. Cette séquence, d’âge essentiellement pléistocène, est marquée par la présence de plusieurs niveaux archéologiques.

  • Une première occupation, mal conservée, est reconnue dans la partie supérieure de la séquence (UPS2).

Elle est marquée par la présence de quelques structures arasées (fossés, concentrations de galets chauffés) et de rares fragments de céramiques et de scories rapportables à la Protohistoire, probablement la fin de l’âge du Fer.

  • Une seconde occupation, pour l’instant très ténue, a été identifiée dans l’UPS3b.

De par sa position stratigraphique et les éléments découverts (notamment une lame retouchée et un nucléus à lamelle), elle pourrait relever d’un passage de la fin du Paléolithique supérieur. Le niveau archéologique principal s’insère dans et en périphérie immédiate de l’UPS4a, niveau à graviers et à manganèse probablement en relation avec une phase d’érosion. Cette association et la dilatation verticale du mobilier ne constituent pas, à priori,  un bon signal quant au degré de préservation du niveau archéologique principal. Comme pour le niveau inférieur, identifié à la base de l’UPS 4b et dont la présence n’était pas attendue, ces occupations sont rapportées au Paléolithique moyen. Seule l’industrie lithique est conservée. Elle est essentiellement réalisée à partir de galets quartz issus des alluvions du Tarn. Ces galets ont été débités afin d’obtenir de nombreux éclats rarement retouchés en racloirs et surtout denticulés ou encoches. Les méthodes de débitage identifiées sont essentiellement de type discoïde et sur enclume. Certains galets ont été façonnés en outils lourds ou plus rarement en pièces bifaciales. Une partie conséquente de ces galets ne porte aucune trace apparente d’activité humaine. Ils ont pu néanmoins servir à aménager ou structurer l’espace du campement (caler, tendre…) ou bien participer à la constitution de stock de matière en prévision d’éventuels retours ? Enfin, d’autres galets portent les stigmates caractéristiques d’une utilisation comme percuteurs ou enclumes. Les silex, localement plus rares, sont néanmoins présents sous différentes formes : nucléus en fin d’exploitation, éclats et quelques outils de type racloirs. Leur variabilité pétrographique va dans le sens d’une collecte dans les alluvions proches (silex tertiaire de type « Verdier ») associée à une possible importation depuis des sources plus lointaines.

Ce site offre l’opportunité d’étudier, sur de grandes surfaces, les campements saisonniers et probablement récurrents des chasseurs néandertaliens. La richesse archéologique du site peut d’ores et déjà s’expliquer par une convergence d’atouts naturels favorables aux implantations humaines : disponibilités locales des ressources lithiques nécessaires à la confection des outils du quotidien, topographie dominante permettant l’observation des grands herbivores sur une voie de passage privilégiée, proximité de l’eau…

INTERVENANTS :

Aménageur : SPLA « Les Portes du Tarn »
Prescripteur : DRAC – SRA Occitanie
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Parc d’Activités



LOCALISATION :

 

 
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