Mitra 5 (Garons, Gard)

 

La fouille réalisée sur le site de Mitra 5 (Garons, 30), sur une surface de 20 000 m², a permis la fouille d’un habitat fossoyé de la fin du Néolithique, rattaché à la culture Fontbouisse. Elle a entrainé aussi la découverte d’une nécropole associée à cet habitat.

Au sud, l’habitat est contenu au sein de deux à trois grands fossés circulaires, qui se connectent à une zone interne de réseaux de fossés secondaires complexes. Ils sont associés à de très nombreuses structures excavées, dont les formes, fonctions et remplissages présentent une grande diversité, caractérisées par une richesse des vestiges liées aux différentes activités domestiques.
Ces fossés présentent des profondeurs variables, pouvant atteindre plus de 1,60 m pour les fossés externes. Certains profils en « V » indiquent la présence de palissades. De façon générale, ces fossés livrent un riche mobilier archéologique, avec notamment beaucoup de céramique dont l’intégralité des profils est reconstituable. Il faut souligner la présence de très nombreux éléments modulaires en argile témoignant de l’effondrement de construction en terre crue (torchis, clayonnage, terre à bâtir…).
Dans la partie sud de l’habitat, plusieurs creusements de grandes dimensions sont interprétés comme des aménagements semi-excavés plus ou moins circulaires, séparés par des portions de murs en terre massive exceptionnellement bien conservés. Au sein de ces aménagements on trouve des comblements très organiques avec une très forte densité de vestiges : faune, céramique, outillage lithique et faunique. Ces éléments confirment que nous sommes en présence d’un aménagement domestique semi-enterré dont les murs participent à l’organisation de l’espace. Les restes de constructions en terre crue datant de la fin du Néolithique sont bien reconnus dans le sud du Languedoc à travers d’autres chantiers préventifs. Ceux découverts sur le site de Mitra 5 sont parmi les mieux conservés. Une batterie de prélèvements micromorphologiques a été réalisée sur ces aménagements et leur comblement, ce qui permettra de caractériser en post-fouille les procédés de mise en œuvre des éléments architecturaux et la nature des comblements organiques.

Au nord de cet habitat est localisée une nécropole qui est visiblement associée à un grand enclos quadrangulaire. Plusieurs tombes sont également présentes au sein de l’habitat dans des aménagements en logette découverts au fond des fossés.
Au niveau de la nécropole, la fouille a livré 63 sépultures réunissant 87 individus. La majorité sont des sépultures individuelles, mais plusieurs sont également multiples réunissant jusqu’à huit individus. Beaucoup de tombes ont été identifiées au sol par la présence d’un ou plusieurs blocs de calcaire. Ils résultent soit d’une stèle, soit d’un coffrage. La majorité des sépultures multiples présente des réductions qui montrent que les individus ne sont pas déposés en terre simultanément. L’une des sépultures a, par exemple, livré 8 individus et entre les inhumations supérieures et inférieures une couche de sédiment témoigne de deux phases de dépôt. Cela implique que la tombe devait être visible dans le paysage au moment de sa réouverture pour la deuxième dépose des morts. Dans le cas des sépultures multiples, il y a donc quasi-systématiquement une réouverture de la tombe pour déposer le ou les défunts. Des sépultures individuelles en logettes ont été également découvertes dans la zone de l’habitat au fond de plusieurs fossés. L’une d’entre elles, particulièrement bien conservée, possédait encore son système de fermeture. Il se composait d’une dalle de calcaire contre laquelle s’appuyait un crâne de capriné et était fermé par des pains d’argile chauffés provenant très certainement d’une architecture et réemployés pour clore la sépulture.
La fouille de Mitra 5 revêt donc un caractère tout à fait exceptionnel de par son exhaustivité, sa richesse et la diversité des vestiges découverts. Tant l’habitat que la nécropole témoignent de plusieurs phases d’occupation dont la plus ancienne remonte à la culture de Ferrières (début du IIIème millénaire avant notre ère). L’étude de ce site qui va se dérouler ces deux prochaines années permettra assurément des avancées significatives sur la connaissance des sociétés de la fin du Néolithique en Languedoc.

INTERVENANTS :

Aménageur : Société d’Aménagement du Territoire
Prescripteur : DRAC – SRA Occitanie
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Plateforme logistique



LOCALISATION :

 

 
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