PIPA Lot 7, secteur 4000 (Saint-Vulbas, Ain)

 

Cette opération archéologique, menée du 4 au 29 juillet 2016, est préalable au projet d’extension du Parc Industriel de la Plaine de l’Ain (PIPA) par le Syndicat Mixte du Parc industriel de la Plaine de l’Ain (SMPIPA). Elle fait suite au diagnostic réalisé sur le lot 7 du Parc en 2015/2016, par l’Institut national de Recherches en Archéologie Préventive. Sur le secteur concerné par nos travaux, les principales données recueillies lors des sondages de diagnostic concernaient trois enclos allongés, aux angles arrondis, rattachés par les auteurs à un dispositif funéraire.
Suite à ces résultats, le Service Régional de l’Archéologie a émis une prescription impactant une fenêtre de 12 000 m², centrée sur les enclos fossoyés.
L’emprise de fouille se situe sur la commune de Saint-Vulbas, au lieu-dit « En Pierre Blanche ». A cet emplacement, le substrat est constitué par la nappe fluvio-glaciaire datant du Dernier Maximum Glaciaire. Il s’agit de sols très drainants ne présentant pas de contraintes lithologiques particulières. A l’échelle de l’emprise et au-delà, nous soulignerons qu’un des points taphonomiques majeurs réside dans une très forte troncature de la séquence stratigraphique. L’érosion culturale est en cause mais d’autres phénomènes à la chronologie encore mal calée sont également à l’œuvre dans le départ des matériaux.

Dans ce contexte, le décapage conduit sur un peu plus d’un hectare a mis en évidence une série de structure en creux dont les trois enclos fossoyés préalablement reconnus au diagnostic, ainsi que trois enclos connexes plus modestes.
Installés selon un axe directeur d’orientation NNE/SSO, les trois grands enclos sont espacés l’un de l’autre par un entraxe de l’ordre de 25 à 30 m. Seul l’enclos médian nous offre un plan complet. Les limites d’emprise et une haie conservée par le projet d’extension du PIPA n’ont pas autorisé le dégagement intégral des deux autres fossés. Néanmoins, les décapages opérés sont suffisants pour confirmer, à la suite du diagnostic, qu’il s’agit d’enclos fossoyés de forme quadrangulaire allongée à angles arrondis. Seul l’enclos septentrional présente une fosse dans son espace interne, dont la fouille exhaustive n’a livré aucun mobilier. Les dimensions relevées font état de monuments couvrant 13 à 17 m de longueur pour 10 à 13 m de largeur. Les surfaces encloses, avérées ou estimées, sont de l’ordre de 100 à 160 m². L’accès à ce périmètre interne est matérialisé, pour deux des enclos, par une interruption du fossé sur sa façade méridionale. Concernant les profils et dynamiques de remplissage, on observe une très forte troncature des volumes. Les creusements se caractérisent par des cuvettes à parois évasées, régulièrement asymétriques. Dans chaque cas, un comblement unique en assure le remplissage. Il s’agit systématiquement d’un limon sableux brun rougeâtre massif, non stratifié, ponctué de galets hétérométriques. La fouille exhaustive des comblements a permis la collecte d’un petit corpus céramique attribuable majoritairement au Bronze final I et plus discrètement au Bronze moyen récent. L’une des pièces déposée sur le fond du creusement de l’enclos médian renvoie à un rite de fondation et/ou de consécration.
En périphérie immédiate des deux grands enclos, situés dans le quart nord-ouest de l’emprise, se retrouvent deux enclos de plus petite envergure. Ces monuments fossoyés, que nous pouvons qualifier de satellites, présentent des morphologies différentes. L’un adopte un plan circulaire de 7 m de diamètre et une ouverture au sud-ouest. Le second, modèle réduit des grands enclos, suit une forme quadrangulaire allongée de 7 m par 5 m. Il se distingue de ses homologues précités par une interruption de son tracé, localisée au nord-ouest et non au sud. Une fosse occupe son espace interne, une seconde a été accolée à son extrémité occidentale. La fouille conduite sur ces deux excavations arasées et sur les fossés d’enclos n’a livré aucun mobilier. La découverte d’un dernier petit enclos en limite méridionale vient clore la série des monuments fossoyés présents sur l’emprise prescrite. De par sa situation, l’aménagement n’a pu être décapé entièrement. De plus, il a extrêmement souffert de l’implantation d’une conduite d’irrigation non renseignée sur les documents officiels. Ces facteurs pénalisants n’ont pas permis d’en faire une analyse approfondie.
Outre les enclos, la fouille menée sur le lot 7 secteur 4000 a mis en évidence deux sépultures à inhumation, situées à moins de 5 m du grand enclos nord et du petit enclos circulaire.
La première des fosses sépulcrales est de forme oblongue et conserve dans sa moitié sud les témoins d’un coffrage de galets, enserrant les membres inférieurs du sujet. Ce dernier correspond à un sujet immature, déposé sur le dos et orienté nord/sud. L’état de conservation des restes osseux est peu satisfaisant. Appartenant probablement à un élément de parure du défunt, trois perles en ambre ont été découvertes au contact de sa mandibule droite et contre le bord inférieur du crâne.
La seconde fosse, de forme oblongue mais plus étroite, contenait les restes d’un individu dont la maturité n’a pu être déterminée. Malgré une représentation anatomique peu élevée, la troisième phalange proximale de la main gauche conservée arborait une bague en bronze rubanée côtelée complète du Bronze final IIb/IIIa.
Les datations 14C réalisés sur le premier individu le place au Bronze final I/IIa : 3035 ± 30 BP, soit 1397-1211 Cal BC (95,4% Poz-86224).
Les datations 14C effectuées sur le second sujet coïncident avec la date avancée par la bague, à savoir : 2855 ± 30 BP, soit 1115-928 Cal BC (95,4% Poz-86227).
Au travers du mobilier collecté dans les fossés d’enclos et des datations obtenues pour les sépultures à inhumations, on ne peut nier que la vocation funéraire des lieux perdure sur un temps long.
On soulignera enfin que les enclos découverts sur le lot 7 secteur 4000 ne représentent qu’une fenêtre ouverte sur un site à caractère funéraire de plus vaste ampleur dont on commence à peine à saisir l’importance.

INTERVENANTS :

Aménageur : Syndicat Mixte du Parc Industriel de la Plaine de l’Ain
Prescripteur : DRAC – SRA Auvergne-Rhône-Alpes
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Bâtiments industriels



LOCALISATION :

 

 
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