Route de Jaunour (Boulazac, Dordogne)

 

Dans le cadre de l’aménagement du futur complexe scolaire « Yves Perron » situé dans l’espace « Lucien Dutard », route de Jaunour sur la commune de Boulazac-Isle-Manoire, un diagnostic archéologique réalisé par l’Inrap en octobre 2016 a révélé la présence d’industries lithiques alors attribuées au Paléolithique supérieur au sens large. Le corpus archéologique est composé d’éclats corticaux et d’éclats d’aménagements provenant de phase de préparation des blocs de silex ou de façonnage (Folgado, 2016). Le site alors mis au jour est localisé au cœur d’un espace archéologique sensible. Le site solutréen du Landry se trouve à seulement 400 m linéaire et d’autres indices d’occupations paléolithiques, notamment du Paléolithique supérieur, sont connus dans les alentours comme celui du Ponteix à 600 m linéaire (Folgado, 2017, fouille en juin-juillet et post fouille en cours). Ainsi, la découverte de ces vestiges a motivé la prescription d’une fouille archéologique par le Service Régional de l’Archéologie, opérée par la SARL Paléotime.
Le site archéologique est situé dans le nord-est de la commune de Boulazac-Isle-Manoire (Dordogne, Nouvelle-Aquitaine). Plus précisément, il est localisé proche des basses terrasses en rive gauche de l’Isle et au nord-ouest d’une zone de colluvions indifférenciées pouvant provenir des plateaux qui surplombent le site.

Les vestiges archéologiques ont été découverts dans la partie supérieure de l’UPS 4. Les observations effectuées lors de la fouille indiquent qu’il pourrait s’agir d’un horizon B argilique fossile supporté par une colluvion. Son sommet traduit une phase érosive, de résidualisation ayant eu pour conséquence la formation d’un pavage. Elle porte également les traces d’un sol polygonal, à petits polygones, typiques d’un pergélisol.
Sur une surface de près de 1000 m², le site a livré un épandage diffus et quatre petites concentrations de vestiges lithiques représentés par de nombreux éclats corticaux ou non, de rares lames et quelques nucléus et blocs testés attribués au Paléolithique moyen. Contrairement à ce qui avait été pressenti lors du diagnostic aucun indice d’occupation attribué au Paléolithique supérieur n’a été observé.
L’emprise a été décapée jusqu’à hauteur d’apparition des vestiges en laissant régulièrement différentes coupes et bermes témoins permettant d’appréhender l’articulation des dépôts sédimentaires et de concentrer les prélèvements et analyses. Les vestiges de types amas ont fait l’objet d’une fouille manuelle fine par ¼ de m² complétée d’un tamisage des sédiments dans le but de documenter la fraction fine. Le reste de l’emprise a été décapé jusqu’au niveau sédimentaire sous-jacents en cotant en 3 dimensions le mobilier archéologique épars afin de vérifier et déterminer l’étendue du niveau archéologique.
Ainsi une série de 602 pièces a été constituée, répartie de la manière suivante dans les différentes concentrations :
– Concentration 1 : 106 pièces
– Concentration 2 : 75 pièces
– Concentration 3 : 14 pièces
– Concentration 4 : 72 pièces
– 335 pièces épars.
– Près de 800 esquilles de silex provenant des refus de tamis.

Les analyses post-fouille, en cours, qui seront approfondies livrent d’ores et déjà certaines informations.
L’étude des vestiges en silex a débuté par des tests de remontages. Les 11 séquences remontées nous apporteront des éléments de discussion sur les processus post-dépositionnels ayant affecté le site ainsi que pour l’étude technologique.
Les premiers résultats de l’étude technologique de l’industrie lithique en cours indiquent la présence de différentes chaines opératoires et modalités de débitage. Ainsi les concepts Levallois centripète et récurrent unipolaire sont dominants mais on note la présence de débitage discoïde et laminaire. Les phases de mise en forme sont relativement simples et on observe parfois le glissement d’une modalité de débitage à une autre. Les supports ainsi obtenus, de morphologies variées mais plutôt allongées, sont généralement restés bruts. Certains ont néanmoins été utilisés pour la fabrication de racloirs, denticulés ou éclats retouchés. Notons également que la série compte six bifaces.
L’industrie lithique peut donc sans conteste être attribuée à un techno-complexe moustérien du Paléolithique moyen. Deux prélèvements OSL sont actuellement en cours d’analyse.
La suite de l’étude permettra d’affiner la position géologique du site, les relations stratigraphiques des différentes UPS, la compréhension des processus post-dépositionnels, la caractérisation de l’industrie lithique, la provenance des matières premières ainsi que l’insertion du site à l’échelle régionale.

INTERVENANTS :

Aménageur : Mairie de Boulazac-Isle-Manoire
Prescripteur : DRAC – SRA Nouvelle-Aquitaine
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Complexe scolaire



LOCALISATION :

 

 
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