ZAC des Studios et Congrès (Chessy, Seine-et-Marne)

 

Une fouille préventive de 20 000 m² a été réalisée en 2016 autour de la découverte d’amas de débitage, témoignant de la fabrication de lames de hache en silex Bartonien du Tertiaire. Cette fouille a confirmé l’existence de huit concentrations de produits de débitage en silex, dont au moins trois correspondent à des ateliers de façonnage. Ces ateliers ou postes de taille sont caractérisés par des centaines voire des milliers d’éclats appartenant aux différentes étapes de la production et très souvent par très peu d’objets datant comme de la poterie ou de l’outillage domestique. La plupart sont classiquement attribués au Néolithique moyen II, une époque correspondant à l’exploitation de la minière de Jablines « le Haut Château », distante d’environ 5 kilomètres du site. Plusieurs objectifs scientifiques sous-tendent l’étude de tels amas : leur statut taphonomique et leur degré de préservation, leur relation avec la minière locale et avec les habitats proches, leur attribution chronologique et culturelle précises. La comparaison des données avec les autres sites fouillés est l’une des approches essentielles pour appréhender ces amas. C’est pourquoi elle s’appuie notamment sur une méthode d’enregistrement commune à tous les sites similaires, établie lors des études de sites d’extraction et d’exploitation découverts sur le tracé de l’autoroute A5 dans le Pays d’Othe (A. Augereau) et sur des référentiels expérimentaux de façonnage de lames de hache réalisés par des tailleurs spécialisés (J. Pélegrin). Dans le cas de Chessy (études en cours), les premiers éléments d’analyse montrent que toutes les étapes de façonnage sont présentes, depuis les éclats d’entame du bloc jusqu’à ceux de finition avant polissage. Cela implique que des blocs ont été transportés depuis la minière ou des gîtes d’affleurement pour être taillés sur le plateau, peut-être pour être plus proches des lieux d’habitat. L’absence d’ébauches de lames de hache ou d’accident de taille témoigne du savoir-faire de ces artisans néolithiques. À noter la présence d’outils domestiques et de céramique, sans que cela constitue la preuve d’un habitat in situ qui devait se tenir à l’écart de ces zones d’activités artisanales.

L’étude de ces nouveaux ateliers de Chessy permet non seulement de multiplier les données régionales, mais aussi d’apporter de nouveaux éléments de discussion sur la relation atelier/habitat, sur leurs implantations dans le paysage et les relations avec les sites miniers environnants, sur la gestion de la matière première et son exploitation par le biais des études pétrographiques ou encore assurer leur datation qui est souvent considérée comme acquise.

Les vestiges relatifs à un habitat sont à rattacher à la Protohistoire. Il s’agit de deux structures de puisage et de trois silos. La présence d’un squelette partiel d’équidé dans le comblement d’un des puits et de restes osseux brûlés humains dans l’un des silos, est également au cœur des problématiques archéozoologiques et anthropologiques relatifs aux dépôts intentionnels dans les structures protohistoriques, notamment les puits et les silos. Deux dates radiométriques sur charbons ont été réalisées, renvoyant à l’âge du Bronze final et au second âge du Fer / La Tène.

INTERVENANTS :

Aménageur : Marne-la-Vallée / EPA France
Prescripteur : DRAC – SRA Île-de-France
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Parc EuroDisney



LOCALISATION :

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