ZI de Mitry-Compans (Compans, Seine-et-Marne)

 

À l’issue d’une vaste opération de diagnostic réalisée en 2011 sur quelque 360 000 m² par l’Inrap, une fouille de 4000 m² a été prescrite autour d’une fenêtre ouverte lors de cette évaluation. La société Paléotime a été chargée de la fouille par la société « Aéroport de Paris », en vue d’aménager les terrains en zone industrielle.

Ces terrains se situent sur le plateau calcaire du Parisis, entre les villages de Mitry-Mory et Compans. La campagne de fouille s’est déroulée du 24 mars au 4 avril 2014.

Les résultats de la fouille se sont avérés décevants par rapport à ce qui avait été supposé à l’issue du diagnostic. En effet, le site est à cet endroit très érodé et seule une fosse attribuées au Blicquy – Villeneuve-Saint-Germain (BVSG) a été découverte. Quelques trous de poteau d’âge indéterminé se retrouvent épars sur la surface de l’emprise, sans pouvoir en dégager une quelconque organisation spatiale.

À ces vestiges s’ajoutent une inhumation isolée en pleine terre gallo-romaine, une très grande fosse d’extraction ou citerne, sans doute gallo-romaine aussi et des tracés linéaires, correspondant soit à du parcellaire gallo-romain, soit à des traces modernes.

Le mobilier récolté au moment du décapage mécanique s’est avéré tout aussi indigent, non caractéristique. Les outils sont réalisés sur éclats ou des supports de morphologie aléatoire. Les grattoirs et les pièces denticulées/encochées dominent la série. Les quelques nucléus à éclats sont de petite taille, de forme globuleuse et exploités jusqu’à exhaustion. Les tessons de céramique du décapage, hormis la céramique gallo-romaine, sont de trop petites dimensions pour pouvoir poser un diagnostic précis.
Le seul mobilier en contexte clos est celui qui est issu de la fosse attribuée au Néolithique ancien, culture de Blicquy – Villeneuve-Saint-Germain sur base de l’assemblage lithique et céramique, bien qu’il ne soit pas très riche qualitativement et quantitativement parlant. De plus, la majorité des objets portent des traces de feu. La matière première utilisée pour l’outillage en roche siliceuse est principalement le silex Tertiaire bartonien, d’origine locale. La panoplie est dominée par les outils sur éclats (grattoirs …) et les pièces sur supports de morphologie aléatoire (denticulés, encoches …). Quelques pièces ont été réalisées sur support en silex du Crétacé supérieur, notamment une armature asymétrique, latéralisée à droite. Les individus en céramique sont en nombre restreint et très fragmentés.
Aucune forme n’est restituable, et aucun décor n’a été récolté à part un tesson avec un cordon lisse. Le seul élément notoire est un fragment de bracelet en terre cuite, simple anneau-boudin.

La fouille apporte un point de plus sur la carte de distribution du peuplement francilien au Néolithique ancien, qui se densifie au fil des opérations de terrain, notamment sur les plateaux. Elle confirme également l’intensité de l’impact humain sur le paysage à l’époque gallo-romaine.

INTERVENANTS :

Aménageur : Aéroport de Paris
Prescripteur : DRAC – SRA Île-de-France
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

Zone industrielle



LOCALISATION :

 



 
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