3 rue des Bordes (Bondoufle, Essonne)

 

Préalablement à la construction d’une plate-forme logistique par la Sté. SEGRO France et suite à un diagnostic archéologique, des vestiges s’étageant du Mésolithique au Moyen-Age ont été mis au jour en septembre 2014 par une équipe dirigée par Olivier RONCIN (inrap).

Le terrain se situe en contexte de plateau, à environ 80 m d’altitude, à proximité de la butte stampienne de Montaubert qui a déjà livré plusieurs indices d’occupations préhistoriques. Celui-ci accuse une faible pente dans le sens Sud-Nord. Il n’est pas exclu que le groupe de chasseurs se soit installé à proximité d’une zone «humide» alors présente au Nord de la parcelle. C’est au Nord-Est de la parcelle qu’une occupation du Mésolithique a été identifiée. Seule cette station a fait l’objet d’une prescription de fouille préventive, sur 200 m² ayant pour point central la concentration lithique identifiée au diagnostic, évaluée à « 5-6 m » de diamètre.

La fouille du site s’est déroulée entièrement manuellement du 23 février au 20 mars 2015. Afin de bien circonscrire la concentration de mobilier et d’en déceler d’autres éventuelles, une surface de 416 m² a été ouverte jusqu’au toit des vestiges archéologiques situé à une profondeur d’environ 50 cm sous la surface actuelle, dans un sédiment limono-sableux fin, gris clair. Un carroyage métrique a été installé et une série de microsondages de ¼ de mètre carré a été entreprise dans le périmètre prescrit afin de délimiter la station mésolithique. La fouille s’est ensuite opérée par ¼ de mètre carré et par décapages d’environ 4 cm. L’intégralité du sédiment excavé a été tamisée sur une maille de 2 mm.  Parallèlement, des sondages d’ordre géoarchéologique et une série de carottages profonds ont été entrepris dans la parcelle. Le sondage 3, distant d’une vingtaine de mètres de la fouille, a livré, vers 200 cm de profondeur, une structure en fosse, riche en sédiment organique et charbon de bois qui a fait l’objet d’une attention particulière. Elle s’est révélée datée du Néolithique moyen (4000 cal. BC), en contexte forestier ouvert et contenait quelques éléments céramiques et de rares pièces mésolithiques intrusives.

La station mésolithique a livré 1074 silex dont près de la moitié est cotée in situ, le reste, issu du tamisage étant repéré par ¼ de mètre carré et destiné à être exploité spatialement. L’ensemble présente des caractères anciens de tradition post-azilienne associés à des éléments caractéristiques du premier Mésolithique. Les datations au radiocarbone, entreprises sur charbon de bois, se sont révélées négatives.

La série lithique offre proportionnellement une grande quantité de lames et de lamelles, de facture très régulière, fragmentées ou non (52%), de microburins (11%) et une bonne représentation des armatures à dos et des segments (50 unités) dont peu ont été utilisées. Un débitage par percussion directe à la pierre tendre a eu lieu sur place, plusieurs nucleus souvent épuisés en témoignent. L’examen fonctionnel du débitage évoque le travail de boucherie et des végétaux tendres.

Les nodules de silex exploités offrent un cortex érodé caractéristique des alluvions proches. La présence d’un débitage ancien de type post-azilien associé à un débitage de type premier Mésolithique est, à notre connaissance, tout à fait exceptionnelle et nous n’avons pour lors aucun point de comparaison pour le Bassin Parisien.

INTERVENANTS :

Aménageur : SEGRO
Prescripteur : DRAC – SRA Île-de-France
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

ZAC



LOCALISATION :

 

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