ZAC du Chemin Herbu (Persan, Val-d’Oise)

 

Le site de la « ZAC du Chemin Herbu » se situe sur la commune de Persan (Val-d’Oise), en limite septentrionale du département. Il est implanté sur un versant nord, en contexte de faible pente, en rive gauche de l’Esches. La confluence de cette rivière avec l’Oise se trouve à moins d’1,5 kilomètre au sud de l’emprise de fouille.
L’opération de fouille menée par Paléotime du 14 mai au 3 août 2018 concernait quatre secteurs (2D, 3, 4 et 5), sur les sept ayant fait l’objet d’une prescription émise par le Service Régional de l’Archéologie d’Île-de-France.

Secteur 2D
Ce secteur est le plus proche de l’Esches et est marqué par la présence, sur son tiers oriental, d’une ancienne zone humide interprétée comme une dépression de type lac ou une zone de débordement de la rivière.
La fouille de ce secteur a livré un total de 78 structures en creux et a essentiellement révélé une occupation attribuable au Néolithique ancien, à la culture Blicquy-Villeneuve-Saint-Germain. Elle se matérialise par la présence d’alignements de fosses latérales de construction, dont les différents comblements ont livré une grande quantité de vestiges : fragments de céramique, silex taillés, éléments de macro-outillage (meules, molettes, bouchardes, broyeurs), ossements de faune, objets de parure et fragments de torchis.
Ces alignements de fosses latérales sont implantés selon un axe ouest/est et se développent sur une longueur maximale de 18,50 mètres. Malheureusement, les trous de poteau constituant les bâtiments associés à ces fosses latérales ne sont pas conservés, en raison de l’érosion et de l’implantation d’un fossé parcellaire attribué au second âge du Fer, de parcellaires modernes et d’une tranchée militaire de la première Guerre Mondiale.

Secteur 3
Le secteur 3 a fourni des vestiges attribuables d’une part à la Protohistoire, avec la présence de trois silos, qui ont livré comme mobilier : céramique, silex taillé, faune, macro-outillage et parure (bracelets en lignite et en terre cuite) et « pains » de terre cuite.
D’autre part, un ensemble de quatre fosses est rattachable à l’Antiquité avec quelques tessons de céramique et fragments de tegulae mis au jour dans leurs remplissages sédimentaires.
Enfin, si de nombreux trous de poteau ont été identifiés sur ce secteur, peu de bâtiments complets sont restituables. Seuls deux bâtiments à plan carré sont clairement lisibles, constitués chacun de quatre trous de poteau, et mesurant 5 mètres de côté pour l’un, 6,5 mètres pour l’autre. La rareté du mobilier présent dans les comblements de ces trous de poteau et l’absence d’élément discriminant empêchent toute attribution chronologique.

Secteur 4
Si les résultats du diagnostic avaient ici conclu à l’existence d’un site rattachable au Néolithique moyen (Chasséen septentrional), la fouille n’a pas livré d’élément permettant de confirmer ou infirmer cette attribution chronologique. En effet, peu de mobilier a été collecté dans les comblements des 52 structures identifiées, mais il laisse entrevoir un bruit de fond néolithique.
Une structure de combustion peut éventuellement se rattacher à cette phase chasséenne (à confirmer par datation sur charbons de bois). Cette fosse à parois rubéfiées est comblée de blocs de grès dont certains semblent correspondre à des fragments de meule. Des remontages seront tentés afin de déterminer si ces blocs constituent une seule et même pièce.
Outre cette fosse foyère, près de la moitié des structures excavées relève de la catégorie des trous de poteau, mais leur dispersion sur l’ensemble du secteur limite les propositions de plan de bâtiment. Seule se démarque la présence d’un alignement de quatre poteaux faîtiers d’orientation nord-ouest/sud-est, sur une longueur de 16 mètres.

Secteur 5
Le secteur 5 a livré une petite occupation du Néolithique final, matérialisée par un bâtiment constitué de 11 trous de poteau et dont les dimensions se portent à 12,50 mètres de long pour 6 mètres de large.

Enfin, sur les quatre secteurs investigués, on recense un total de 30 fosses en fente (Y, U, W) ou « Schlitzgruben ». Dans l’ensemble, elles ont fourni peu de mobilier. Mais certaines livrent quelques éléments de chronologie relative et des datations seront tentées sur os et sur charbons afin d’apporter un jalon de plus à la problématique de l’attribution chronologique de ce type de structure. De plus, afin de répondre à la question de leur fonction, toutes ces fosses ont fait l’objet de prélèvements sédimentaires en vue d’analyses des pollens, phosphates et phytolithes.

INTERVENANTS :

Aménageur : SEMAVO
Prescripteur : DRAC – SRA Île-de-France
Opérateur : Paléotime



AMÉNAGEMENT :

ZAC



LOCALISATION :

 

 
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